Pour que la lune éclaire leurs pas et nos regards

Le sujet est récurrent. Il revient à chaque fois sur le tapis, qu’on le veuille ou non. Chacun à son avis, chacun à son discours face à l’arrivée massive de migrants dans les pays européens. C’est un sujet très polémique qui, au lieu d’attirer la bienveillance, attise souvent la haine et la colère. Certains jugent sans connaître, sans savoir ce que toutes ces personnes qui fuient ont enduré. Certains sont prêts à tout pour les aider. D’autres créent des récits pour pousser les citoyens à ouvrir les yeux. Le temps d’une lecture, le parcours du combattant de ces migrants devient le nôtre. On ne peut alors que remercier ces auteurs, comme Nadia Hashimi, qui prennent la plume pour mieux éclairer les pas de l’humanité.

J’en ai lus des commentaires haineux, j’en ai entendu des propos mal intentionnés dans le cadre de mon métier. Je me souviens d’ailleurs d’un message en particulier : « S’ils avaient vraiment des couilles, ils resteraient dans leur pays pour se battre. » Un concentré d’égoïsme et d’ignorance dans une seule phrase. Comment rester calme face à ces dires ? On se force à rester indulgent car on sait également que les Français souffrent, que le quotidien est loin d’être facile. Mais quand on prend le temps de se pencher sur celui de ces migrants, comment peut-on affirmer qu’ils devraient rester chez eux ? Je trouve qu’il est bien prétentieux de déclarer de telles choses quand on sait qu’on aurait été nombreux à fuir notre pays si on avait connu le même quotidien. Bien entendu, ceci n’est que mon point de vue. Une opinion qui s’appuie sur des rencontres. Car en tant que journaliste, j’ai déjà croisé à plusieurs reprises des réfugiés. Déjà imprégnée par leurs histoires, c’est donc avec beaucoup d’intérêt que je me suis intéressée au récit livré par Nadia Hashimi dans « Si la lune éclaire nos pas ».

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Jane Austen fait tomber les masques

Aujourd’hui, parlons d’œuvres classiques ! Et plus particulièrement, parlons de Jane Austen et de son ouvrage qui en a marqué plus d’un, c’est-à-dire « Orgueil et préjugés ». Savoureux mélange entre une romance et une critique sociale, ce livre nous plonge au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, dans le quotidien de jeunes Anglaises issues de la « bonne société ». Seule carrière possible pour ces dernières : devenir l’épouse d’un homme haut placé ou au porte-monnaie bien rempli. A l’heure où les droits des femmes sont encore remis en question, cette histoire bouscule encore plus notre conscience et nous rappelle qu’il y a encore beaucoup d’actions à entreprendre, même si plusieurs années nous séparent d’Elizabeth et de ses sœurs !

Il n’y a pas de doute, ce roman porte bien son titre. Dans une société où les apparences sont de rigueur et rythment chaque journée, les préjugés vont bon train. Ces femmes de « bonne famille » vivent dans la superficialité. Ce n’est pas totalement de leur faute car c’est ce qu’on attend d’elles. A cette époque, les bourgeoises se doivent d’être de belles plantes, cultivées (mais pas trop), prêtes à donner de nombreux enfants à leurs époux ou futurs maris. Tout ce décorum, toutes ces obligations font d’elles des personnes facilement sujettes aux stéréotypes. Elles les subissent et les créent aussi. Tout comme les hommes. Une case, une classe sociale pour chacun. Le chemin semble déjà tracé. Doté de la raison et de la réflexion, l’être humain est cependant habité par des sentiments qui viennent compliquer à peu plus ses relations et renforcer ses préjugés. L’orgueil est ici pointé du doigt, ou plutôt de la plume. A travers sa narration, Jane Austen ne manque pas de prouver aux lecteurs combien ce sentiment peut les faire passer à côté de quelque chose ou de quelqu’un.

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Se plonger avec légèreté dans « Ça peut pas rater ! »

Besoin d’une lecture légère et sans prise de tête ? Ne cherchez pas bien loin, Gilles Legardinier a écrit ce qu’il vous fallait pour que vous puissiez prendre un bon bol d’air frais. Je le reconnais, ses romans dits humoristiques sont parfois un peu convenus. La trame de l’histoire peut se deviner assez facilement. Mais au fond, c’est ce que l’on peut attendre d’une lecture « cocooning » ! On s’installe et se plonge dans la narration sans trop se poser de questions. Cette tranquillité ne nous met cependant pas à l’abri des surprises. Et heureusement ! Qui dit absence d’interrogation ne dit pas forcément encéphalogramme plat. Il y a toujours un petit quelque chose que l’on n’attendait pas et qui nous fait sourire. Et avec « Ça peut pas rater ! », une fois de plus, ça n’a pas loupé !

J’aime les romans de Gilles Legardinier. Ceux qui à chaque fois dévoilent un petit matou sur la première de couverture. Cet animal crée un rendez-vous. Je sais que je le retrouverai dans les pages, qu’il cachera peut-être un secret, qu’il sera sans doute le trait d’union entre deux personnages. Petit plaisir simple. Mais petit plaisir qui fait du bien quand même. J’aime les romans de Gilles Legardinier parce que cet auteur parvient à me faire sourire, à me faire tourner les pages à une vitesse folle. Ce n’est pas de la grande littérature comme diraient certains, mais cela reste de la littérature. Les mots me font vivre une histoire. Et c’est le principal. Vivre, se mettre à la place des personnages, se reconnaître dans certains gestes ou choix, croiser les doigts pour les protagonistes, voir les héros dans sa tête. Les imaginer, vraiment.

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juger-une-livre-par-sa-couverture

Les jolies couvertures qui font briller nos yeux, parfois plus que de raison. Celles qui nous font oublier toutes nos bonnes résolutions livresques. Et oui, on a beau se répéter « résiste », la tentation est souvent très grande. Trop grande à tel point qu’on finit par acheter pour le plaisir des yeux mais aussi pour le plaisir de la lecture. Depuis que 2017 a sonné, je n’avais pas encore publié sur le blog. La faute au temps qui passe trop vite. Alors comme les minutes défilent, que les mois s’accumulent sans qu’on s’en rende vraiment compte, autant se faire des petits cadeaux dès qu’on en a l’occasion. 2017 sera une année sans regret, tout du moins je l’espère ! A travers ce nouvel épisode de « Juger un livre par sa couverture », initié par Inside the magical box, voici donc quelques idées pour succomber. Encore et encore !

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Perles d’espoir pour les femmes afghanes

Alerte, alerte ! Petit bijou littéraire ! Si vous n’avez pas encore l’ouvrage « La Perle et la Coquille » de Nadia Hashimi dans votre bibliothèque, il va falloir y remédier très vite. Ce récit de vie est à couper le souffle. Sa beauté et sa cruauté vous scient sur place. Les femmes afghanes que vous allez découvrir à travers cette histoire vont vous dévoiler un beau message : sous les coquilles les plus brutes, les plus abîmées, peuvent se cacher les plus belles perles.

la-perle-et-la-coquilleLa vie n’est pas un long fleuve tranquille. Loin de là. Il faut souvent se battre pour arriver à ses fins, ou tout simplement, pour vivre sereinement. Un paradoxe. Lutter pour vivre apaisé et en accord avec ses idées. Dans des pays comme l’Afghanistan, cette lutte est encore plus rude. Surtout pour les femmes. Avec « La Perle et la Coquille », Nadia Hashimi montre à quel point la vie des femmes afghanes est bridée. Par les mœurs, les traditions, le sexisme, la religion. Que l’on soit féministe ou pas, il est très difficile de rester insensible face aux histoires de Rahima et Shekiba. Pour ma part, cet ouvrage m’a mis les nerfs à vif très régulièrement. Même trop souvent. Ce n’est pas un défaut, bien au contraire. Cela prouve que l’auteure parvient parfaitement à nous retranscrire, à nous partager, à nous faire vivre les malheurs et les galères rencontrés par nos deux héroïnes. Les personnages secondaires ont aussi leur lot d’obstacles à affronter. « La Perle et la Coquille », c’est un concentré de nausées, de haut-le-coeur, d’envies de crier. Un mélange de bon et de mauvais. C’est un reflet réaliste de la société afghane à différentes périodes historiques.

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Une tasse, un livre, le binôme qui vous veut du bien !

Ça caille mes canailles ! Le froid est revenu et on est bien obligé de ressortir toute la panoplie gants-écharpe-bonnet (enfin presque). Après une rude journée, à se geler le nez, on l’avoue volontiers : une tasse de chocolat chaud ou de thé, un petit café, ça fait du bien au moral et à notre corps. Si ce moment détente est en plus accompagné d’un bon livre, on n’hésite pas et on le prolonge. C’est le duo gagnant, celui qui nous fait oublier les petits incidents du quotidien, le stress au boulot, la galère dans les bouchons. Aujourd’hui, je vous propose donc une petite sélection de tasses. Mais bien évidemment, elles ne seront pas seules. Chacune aura son livre. Son thème, son état d’esprit. Et vous n’aurez plus qu’à choisir le duo qui vous conviendra le mieux !

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Et si le monde était dirigé par les femmes ?

Pendant des siècles, plusieurs personnes l’ont crié haut et fort : la femme est le « sexe faible ». Elle se doit donc de rester en retrait, de paraître au lieu d’exister, de respirer selon les désirs de son père ou de son époux. La femme, petit être bancal qui se laisse dominer par ses pulsions sexuelles et sa sensibilité. La femme, petit être que l’intelligence et la connaissance ne peuvent côtoyer. C’est prouvé, bibliquement parlant, voire scientifiquement, que son âme ne peut supporter toutes les richesses intellectuelles que la vie peut offrir. Durant des siècles, la société a sorti un bon paquet d’imbécillités concernant la gent féminine. Aujourd’hui encore, certaines personnes chérissent les traditions et n’acceptent pas l’idée que les femmes ont autant de droits et de devoirs que les hommes. A travers « Roman à l’eau de bleu », Isabelle Alonso inverse alors les rôles. Et si le monde était, depuis la nuit des temps, dirigé par des femmes ? Et si les hommes étaient des hommes d’extérieur (clin d’œil au cliché de la femme d’intérieur) ? Et si la force était féminine ?

roman-a-leau-de-bleuEn voilà un roman qui bouscule les préjugés. Si je devais choisir un adjectif pour qualifier cet ouvrage, je choisirais « déroutant ». Isabelle Alonso nous balance en pleine figure tous les clichés qui gouvernent notre société, et elle le fait admirablement bien. Quoi de mieux que de changer les rôles pour pointer du doigt l’absurdité de nos habitudes ? Quoi de mieux que de grossir les traits pour nous montrer à quel point on se trompe en opposant systématiquement les hommes et les femmes ? Ne sont-ils pas plutôt des êtres complémentaires qui méritent de vivre sur le même pied d’égalité ?

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