Leçon de vie aux côtés de Miss Cyclone

Aujourd’hui, je vous parle d’un livre qui m’a fait beaucoup de bien. Assise sur la plage, pendant ces vacances tant attendues et méritées, je me suis laissée guider par la vie d’Angela et de son amie June. Assise les pieds dans le sable, j’ai eu l’impression d’être moi aussi à Coney Island, entourée par des manèges à l’arrêt, bercée par le bruit de la mer. Ce n’était pas volontaire, je n’avais pas choisi le livre « Miss Cyclone » parce que le lieu de cette histoire allait faire plus ou moins écho à mon lieu de vacances. C’était une coïncidence. De celles qui sont belles parce qu’elles arrivent à point nommé et qu’elles vous aident à vous évader.

Plus les jours passent et plus j’ai envie de mettre l’ouvrage de Laurence Peyrin dans mes coups de cœur. Lorsque j’ai refermé le livre, je n’avais pas cette sensation, mais il y a certaines histoires qui vous marquent plus que vous ne le croyez et qui ont besoin de plus de temps que d’autres pour vous le faire comprendre. Leurs bienfaits sont d’abord inconscients. Et c’est là tout leur charme. Je crois que le personnage d’Angela est ce qui m’a le plus plu dans ce livre. Au fil des pages, je me suis fortement attachée à elle. J’avais envie qu’elle suive son cœur, qu’elle prenne des risques, qu’elle ouvre les yeux sur ce qui l’entoure. Parfois, même souvent, je comprenais ses craintes, son aveuglement. Laurence Peyrin est parvenue à créer une connivence. Angela était concrète. Elle vivait à travers des pages mais également dans ma tête. Les scènes étaient réelles. J’arrivais à tout peindre dans mon esprit. Et c’est là qu’on se dit que l’auteure a parfaitement réussi son travail. La complicité entre l’histoire et le lecteur est tellement forte que les personnages deviennent plus que des êtres de papier.

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Pour que la lune éclaire leurs pas et nos regards

Le sujet est récurrent. Il revient à chaque fois sur le tapis, qu’on le veuille ou non. Chacun à son avis, chacun à son discours face à l’arrivée massive de migrants dans les pays européens. C’est un sujet très polémique qui, au lieu d’attirer la bienveillance, attise souvent la haine et la colère. Certains jugent sans connaître, sans savoir ce que toutes ces personnes qui fuient ont enduré. Certains sont prêts à tout pour les aider. D’autres créent des récits pour pousser les citoyens à ouvrir les yeux. Le temps d’une lecture, le parcours du combattant de ces migrants devient le nôtre. On ne peut alors que remercier ces auteurs, comme Nadia Hashimi, qui prennent la plume pour mieux éclairer les pas de l’humanité.

J’en ai lus des commentaires haineux, j’en ai entendu des propos mal intentionnés dans le cadre de mon métier. Je me souviens d’ailleurs d’un message en particulier : « S’ils avaient vraiment des couilles, ils resteraient dans leur pays pour se battre. » Un concentré d’égoïsme et d’ignorance dans une seule phrase. Comment rester calme face à ces dires ? On se force à rester indulgent car on sait également que les Français souffrent, que le quotidien est loin d’être facile. Mais quand on prend le temps de se pencher sur celui de ces migrants, comment peut-on affirmer qu’ils devraient rester chez eux ? Je trouve qu’il est bien prétentieux de déclarer de telles choses quand on sait qu’on aurait été nombreux à fuir notre pays si on avait connu le même quotidien. Bien entendu, ceci n’est que mon point de vue. Une opinion qui s’appuie sur des rencontres. Car en tant que journaliste, j’ai déjà croisé à plusieurs reprises des réfugiés. Déjà imprégnée par leurs histoires, c’est donc avec beaucoup d’intérêt que je me suis intéressée au récit livré par Nadia Hashimi dans « Si la lune éclaire nos pas ».

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Au fait, c’est où le nord ?

Beaucoup de travail, pas énormément de temps pour le blog. Mais ça y est, je reviens enfin vous proposer une chronique. J’espère être plus rigoureuse dans mes publications même si mon boulot m’accapare pas mal. D’ailleurs, en parlant de job, je me suis dit que cela pouvait être intéressant de vous parler un jour de mon métier au sein d’un quotidien régional. Avec les mois, j’ai constaté que les gens connaissaient mal le fonctionnement d’un journal, le rythme de travail d’un journaliste. Il y a pas mal de clichés, de fausses idées, d’interrogations. Alors si ça vous intéresse, n’hésitez pas à me le dire dans les commentaires. Bon, maintenant, revenons à la chronique, car c’est bien pour ça que j’écris à la base. Aujourd’hui, je vais tenter de trouver le nord en me penchant sur le roman initiatique de Sarah Maeght.

Voilà un roman léger, frais, qui se fait miroir de notre quotidien. La vie de tous les jours, les bons moments, les tracas, l’amour, la haine. Quelques pas sur un chemin, puis le grand doute : « Au fait, c’est où le nord ? ». « Suis-je sur le bonne voie ? », « Est-ce vraiment ce que je veux ? » A 24 ans, Ella est un personnage très contemporain. Elle nous parle si facilement. Elle pourrait être notre voisine, notre meilleure amie ou bien une collègue de travail. C’est simple, Ella se glisse à nos côtés comme si elle existait pour de vrai. Je crois que ce que j’ai le plus apprécié dans ce livre, c’est cette simplicité. Pas de charabia, pas de fioritures. Ella vit au rythme des pages. Ella vit.

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Mes déceptions littéraires #1

Il y a des livres que l’on attend au tournant, pour une ou plusieurs raisons, et qui ne répondent finalement pas à nos attentes. D’autres qu’on n’attendait pas vraiment et qui, loin de nous surprendre et de nous offrir un coup de cœur, nous plombent le moral, nous indiffèrent ou nous déçoivent terriblement. Aujourd’hui, j’ai donc décidé de rassembler dans un article quelques ouvrages qui m’ont déçue mais pour lesquels je n’ai jamais fait de chronique entière par manque de volonté ou de grosse déception. Je suis comme ça, si je n’ai pas envie de chroniquer un livre, si je n’en ressens pas le besoin sur le moment, je ne le fais pas. Mais je me suis dit, malgré tout, que cela pouvait être intéressant de regrouper mes déceptions et de vous en parler de temps en temps. Alors, c’est parti pour une première vague d’ouvrages décevants.

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Désolé, mais la femme « moderne » a aussi le droit d’aimer

Une nouvelle fois, Agnès Martin-Lugand a su maîtriser sa plume et donner vie à une histoire touchante et moderne. Avec « Désolée, je suis attendue », l’auteure nous partage le récit d’une femme à la vie professionnelle bien remplie. Yaël est une jeune femme du XXIe siècle prête à tout pour évoluer dans son travail, au point d’en oublier sa vie amoureuse et familiale. Cette caractéristique pose le lecteur dans une problématique actuelle : la difficulté d’être justement une femme du XXIe siècle. Concilier boulot et vie privée n’est pas de tout repos. Que faire ? Délaisser le second pour réussir dans le premier ? Dans ce roman, Agnès Martin-Lugand aborde cet aspect en donnant à son personnage du relief et un passé quelque peu douloureux. L’occasion alors pour l’écrivain de revenir sur des thèmes comme l’amour, la confiance en l’autre, la quête d’un avenir meilleur.

Détrôner le premier ouvrage d’Agnès Martin-Lugand, « Les gens heureux lisent et boivent du café », risque d’être difficile. J’ai adoré cette histoire à tel point qu’elle fait aujourd’hui partie de mes livres favoris. Si « Désolée, je suis attendue » n’a pas réussi à passer devant ce roman dans mon palmarès des œuvres littéraires coups de cœur, cet ouvrage est quand même parvenu à me séduire et à me faire monter les larmes aux yeux à plusieurs reprises. Il n’y a pas à dire, Agnès Martin-Lugand sait parfaitement user de sa plume pour transmettre l’amour que ressentent certains personnages. J’ai été particulièrement troublée lorsqu’Alice, toujours calme et attentive, s’est mise à dire ses quatre vérités à sa jeune sœur Yaël. Derrière les mots durs et intransigeants, se dévoilait un amour profond et sincère. Un amour inquiet. Un amour à la fois touchant et bouleversant. J’ai aimé que l’auteure utilise son histoire pour mettre en avant les liens entre frères et sœurs, les sentiments puissants qui peuvent également relier des amis. Cela fait du bien d’aller plus loin que la simple romance.

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Jane Austen fait tomber les masques

Aujourd’hui, parlons d’œuvres classiques ! Et plus particulièrement, parlons de Jane Austen et de son ouvrage qui en a marqué plus d’un, c’est-à-dire « Orgueil et préjugés ». Savoureux mélange entre une romance et une critique sociale, ce livre nous plonge au tournant des XVIIIe et XIXe siècles, dans le quotidien de jeunes Anglaises issues de la « bonne société ». Seule carrière possible pour ces dernières : devenir l’épouse d’un homme haut placé ou au porte-monnaie bien rempli. A l’heure où les droits des femmes sont encore remis en question, cette histoire bouscule encore plus notre conscience et nous rappelle qu’il y a encore beaucoup d’actions à entreprendre, même si plusieurs années nous séparent d’Elizabeth et de ses sœurs !

Il n’y a pas de doute, ce roman porte bien son titre. Dans une société où les apparences sont de rigueur et rythment chaque journée, les préjugés vont bon train. Ces femmes de « bonne famille » vivent dans la superficialité. Ce n’est pas totalement de leur faute car c’est ce qu’on attend d’elles. A cette époque, les bourgeoises se doivent d’être de belles plantes, cultivées (mais pas trop), prêtes à donner de nombreux enfants à leurs époux ou futurs maris. Tout ce décorum, toutes ces obligations font d’elles des personnes facilement sujettes aux stéréotypes. Elles les subissent et les créent aussi. Tout comme les hommes. Une case, une classe sociale pour chacun. Le chemin semble déjà tracé. Doté de la raison et de la réflexion, l’être humain est cependant habité par des sentiments qui viennent compliquer à peu plus ses relations et renforcer ses préjugés. L’orgueil est ici pointé du doigt, ou plutôt de la plume. A travers sa narration, Jane Austen ne manque pas de prouver aux lecteurs combien ce sentiment peut les faire passer à côté de quelque chose ou de quelqu’un.

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Et si le monde était dirigé par les femmes ?

Pendant des siècles, plusieurs personnes l’ont crié haut et fort : la femme est le « sexe faible ». Elle se doit donc de rester en retrait, de paraître au lieu d’exister, de respirer selon les désirs de son père ou de son époux. La femme, petit être bancal qui se laisse dominer par ses pulsions sexuelles et sa sensibilité. La femme, petit être que l’intelligence et la connaissance ne peuvent côtoyer. C’est prouvé, bibliquement parlant, voire scientifiquement, que son âme ne peut supporter toutes les richesses intellectuelles que la vie peut offrir. Durant des siècles, la société a sorti un bon paquet d’imbécillités concernant la gent féminine. Aujourd’hui encore, certaines personnes chérissent les traditions et n’acceptent pas l’idée que les femmes ont autant de droits et de devoirs que les hommes. A travers « Roman à l’eau de bleu », Isabelle Alonso inverse alors les rôles. Et si le monde était, depuis la nuit des temps, dirigé par des femmes ? Et si les hommes étaient des hommes d’extérieur (clin d’œil au cliché de la femme d’intérieur) ? Et si la force était féminine ?

roman-a-leau-de-bleuEn voilà un roman qui bouscule les préjugés. Si je devais choisir un adjectif pour qualifier cet ouvrage, je choisirais « déroutant ». Isabelle Alonso nous balance en pleine figure tous les clichés qui gouvernent notre société, et elle le fait admirablement bien. Quoi de mieux que de changer les rôles pour pointer du doigt l’absurdité de nos habitudes ? Quoi de mieux que de grossir les traits pour nous montrer à quel point on se trompe en opposant systématiquement les hommes et les femmes ? Ne sont-ils pas plutôt des êtres complémentaires qui méritent de vivre sur le même pied d’égalité ?

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