Pour que la lune éclaire leurs pas et nos regards

Le sujet est récurrent. Il revient à chaque fois sur le tapis, qu’on le veuille ou non. Chacun à son avis, chacun à son discours face à l’arrivée massive de migrants dans les pays européens. C’est un sujet très polémique qui, au lieu d’attirer la bienveillance, attise souvent la haine et la colère. Certains jugent sans connaître, sans savoir ce que toutes ces personnes qui fuient ont enduré. Certains sont prêts à tout pour les aider. D’autres créent des récits pour pousser les citoyens à ouvrir les yeux. Le temps d’une lecture, le parcours du combattant de ces migrants devient le nôtre. On ne peut alors que remercier ces auteurs, comme Nadia Hashimi, qui prennent la plume pour mieux éclairer les pas de l’humanité.

J’en ai lus des commentaires haineux, j’en ai entendu des propos mal intentionnés dans le cadre de mon métier. Je me souviens d’ailleurs d’un message en particulier : « S’ils avaient vraiment des couilles, ils resteraient dans leur pays pour se battre. » Un concentré d’égoïsme et d’ignorance dans une seule phrase. Comment rester calme face à ces dires ? On se force à rester indulgent car on sait également que les Français souffrent, que le quotidien est loin d’être facile. Mais quand on prend le temps de se pencher sur celui de ces migrants, comment peut-on affirmer qu’ils devraient rester chez eux ? Je trouve qu’il est bien prétentieux de déclarer de telles choses quand on sait qu’on aurait été nombreux à fuir notre pays si on avait connu le même quotidien. Bien entendu, ceci n’est que mon point de vue. Une opinion qui s’appuie sur des rencontres. Car en tant que journaliste, j’ai déjà croisé à plusieurs reprises des réfugiés. Déjà imprégnée par leurs histoires, c’est donc avec beaucoup d’intérêt que je me suis intéressée au récit livré par Nadia Hashimi dans « Si la lune éclaire nos pas ».

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Et action ! #6

Hello la blogo ! Il serait temps que je reprenne un peu plus assidûment mon rendez-vous « Et action ! ». C’est bientôt la rentrée, le moment idéal pour se réorganiser et se fixer des objectifs. Dans ma petite tête, je me dis que cela serait vraiment bien que je fasse ce rendez-vous à chaque fin de mois. Mais après, entre ce que je me dis et ce que je vais réellement faire, la marge de manœuvre est large ! Il y a des périodes durant lesquelles je regarde beaucoup de films, et d’autres pendant lesquelles cela frôle le néant… Mais pour l’instant, je laisse place à la sixième édition (houla, on se croirait dans un festival) et j’espère que vous y trouverez votre bonheur. 

Joséphine s'arrondit

  • Joséphine s’arrondit

Une petite comédie française pour commencer !

Certains trouvent que l’humour français n’est pas très relevé, qu’il manque de piquant. Mais parfois la légèreté, ça a du bon et ça nous fait passer un bon moment comme avec « Joséphine s’arrondit ». Ce n’est bien sûr pas la comédie du siècle mais les personnages et les sketchs autour de la grossesse nous font oublier que les minutes défilent. La maternité, les doutes et les problèmes de santé qui entourent cet état sont abordés sans tabous, ce qui est un vrai plus pour ce film. On a parfois un peu trop tendance à embellir cette période de la vie d’une femme, ou de passer sous silence certains aspects. A travers le rire, « Joséphine s’arrondit » souligne ces derniers et les exorcisent. Autre point intéressant : le vaginisme. Ce n’est bien évidemment pas le cœur du film, mais on ne peut que féliciter la réalisatrice et la scénariste d’avoir abordé ce sujet en parallèle de la grossesse du personnage principal (je ne sais pas du tout s’il est également abordé dans la bande dessinée de Pénélope Bagieu qui a inspiré cette comédie car je n’ai lu que le premier tome, et ce il y a pas mal de temps… Mea culpa). Le vaginisme touche plus de femmes qu’on ne le croit. On en parle peu, et pourtant…

  • Tarzan

Pour les amateurs et amatrices de films d’action.

Je ne sais pas pourquoi mais j’étais persuadée que ce film était une énième réécriture de l’origine et des premiers pas de Tarzan, qu’en le regardant j’allais une nouvelle fois découvrir ce mythe de l’homme seigneur de la jungle comme lorsque j’avais regardé le dessin animé Disney, ou encore « Greystoke, la légende de Tarzan ». En fait, j’étais un peu à côté de la plaque. Si cette nouvelle adaptation revient sur certains moments clés, comme le sauvetage du bébé par une guenon (ce qui nous permet de nous remettre bien l’histoire en tête), elle se concentre essentiellement sur « l’après ». Images époustouflantes, gorilles très bien réalisés, tempo rythmé, cette adaptation devrait satisfaire les adeptes des films d’action. En parallèle de cette nouvelle aventure, « Tarzan » revient sur la colonisation et les atrocités que cette dernière entraîne : l’esclavage, la cruauté humaine, l’exploitation des ressources locales et son business… Seul petit conseil : regarder ce film en VO car le doublage de la version française a l’air bien niais.

  • La vague

Pour se prendre une claque cinématographique dans la figure.


« On ne verra jamais une nouvelle dictature, c’est ce que vous dîtes ? » Alors que ses élèves sont persuadés qu’aucun régime autocratique ne pourrait refaire surface en Allemagne puisque chaque être humain a retenu les leçons apportées par la Seconde Guerre mondiale, le professeur Rainer Wenger décide de leur prouver le contraire. En quelques jours naît alors le groupe « La Vague ». S’en suit une histoire très convaincante, percutante, poignante qui nous rappelle implicitement qu’il ne faut jamais se reposer sur ses lauriers. Les erreurs du passé peuvent vite être réitérées. Avec tout ce qui se passe en ce moment avec Daech, on se rend compte qu’à sa manière ce film est parfaitement d’actualité. Il nous montre à quel point il est facile d’embrigader des personnes, de leur monter la tête et de leur faire croire que des règles cruelles sont tout à fait justes.