La Belle, la Bête et ma frustration

Ma princesse Disney favorite incarnée par mon actrice préférée, je ne pouvais pas rêver mieux. J’ai donc attendu la sortie de « La Belle et la Bête » avec beaucoup d’impatience. Mais au lieu d’avoir les yeux qui brillent de joie et d’émerveillement, j’ai quitté la salle de cinéma quelque peu frustrée par cette adaptation. Explications. 

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Colonia, un film « coup de poing »

Je vais vous parler d’un film qui m’a retourné l’estomac et m’a glacé le sang. Un film qui m’a mise en colère, m’a révoltée. A chaque scène violente, je ne pouvais oublier cet aspect : l’histoire racontée est inspirée de faits réels. « Colonia » n’est pas juste le fruit de l’imagination du réalisateur Florian Gallenberger. La secte « Colonia Dignidad » a bel et bien existé. Son fondateur, Paul Schäfer, a bel et bien fait régner l’horreur dans ce camp, abusé de jeunes garçons, déshumanisé des hommes, ridiculisé des femmes. Pendant la dictature au Chili, Pinochet a bel et bien collaboré avec cet ancien nazi pour torturer et garder prisonniers des opposants au régime. Personne n’a agi. Tout le monde a laissé faire. Et même lorsque la vérité a été dévoilée au grand jour, les coupables ont continué à vivre tranquillement pendant plusieurs années. Excusez-moi pour la vulgarité, mais une fois le film achevé, j’avais juste envie de dire : « Mais putain de bordel de merde, quels tarés ! »

colonia

Lena, interprétée par Emma Watson, est une jeune hôtesse de l’air. Son petit ami, Daniel, soutient le président Allende et s’investit politiquement auprès du parti de ce dernier. Il manifeste, réalise des affiches de propagande. Au début, c’est l’allégresse. Puis, tout vire au drame avec le coup d’état dirigé par Pinochet. Daniel est arrêté, torturé puis accueilli par le fondateur de « Colonia Dignidad ». Mise au courant de sa présence dans cet étrange camp, Lena intègre le groupe pour pouvoir sauver celui qu’elle aime.

J’ai un peu peur de vous en dire trop. La force de ce film est de faire sortir le spectateur de ses gonds, et si je mets en lumière trop d’éléments, je crains que la révolte ne soit pas totalement au rendez-vous, que la surprise produite par l’inattendu et la cruauté de certaines scènes ne s’échappe trop rapidement.

Pour résumer, en évitant de tout dévoiler, je dirais que « Colonia » est une oeuvre cinématographique « coup de poing ». Si la suggestivité des plans cache des événements au spectateur, celui-ci n’est pas du tout épargné. Les non-dits sont parfois bien plus forts et plus intenses que les phrases et les images explicites. Mon cœur n’a pas cessé de battre à un rythme effréné pendant le visionnage (je crois que j’ai même broyé la main de mon copain à plusieurs reprises). Les règles imposées dans cette secte étaient pour moi insupportables et incompréhensibles. Je me demandais régulièrement comment les habitants de ce camp pouvaient accepter de telles conditions de vie, cette foi extrême, cette folie fanatique. Au nom de la religion, d’un dieu exigeant et pur, Paul Schäfer, joué par Michael Nyqvist (acteur époustouflant dans ce film) parvient a retourné le cerveau des gens de la communauté sectaire. Il devient le nombril du monde, le souffle qui permet aux membres du camp de respirer. Il détient le droit de vie et de mort. Il fait des femmes des moins-que-rien, transforme la sexualité et la maternité en des actes répugnants. Cet homme, si on peut le désigner comme tel, a à son échelle créé l’enfer sur terre. Il fait de la pureté son leitmotiv et le quotidien des habitants. Une pureté au goût très amer quand on sait ce qu’il fait aux petits garçons…

Âmes sensibles, ne vous abstenez pas, car ce film vaut vraiment le coup d’être vu. Faites comme moi, accrochez-vous !