Polina : la bande dessinée vs le film

Lors de ma visite mensuelle à la bibliothèque municipale, la bande dessinée « Polina » trônait cette fois patiemment sur l’une des étagères. Pas besoin de la réserver. Ni une ni deux, je l’ai alors empruntée. Quelques semaines plus tôt, on m’avait parlé de son adaptation cinématographique. Parfait, j’allais pouvoir lire cette BD avant de regarder le film. Comme j’aime beaucoup la danse, cette histoire me faisait cruellement de l’œil. Pour une fois, j’allais donc pouvoir respecter cette fameuse règle qui dit : « Toujours lire l’oeuvre littéraire avant son adaptation ». Dans cette chronique, je vous dévoile ainsi ce que j’ai pensé de ces deux œuvres, et surtout laquelle j’ai préférée !

Lire la suite

Publicités

Voyage artistique et intergalactique

Après plusieurs semaines d’absence, je reviens pour vous parler d’une artiste dont j’aime le travail depuis des années. Et quand je dis des années, ce n’est pas exagéré. Je l’ai connue lorsque j’étais au collège (sachant que je vais bientôt avoir 24 ans, je crois que l’expression est adéquate). Son nom ? Barbara Canepa. 

barbara canepa skydollBarbara Canepa est une artiste et scénariste italienne. Elle fait ses premiers pas au côté de Walt Disney, en imaginant et en dessinant des histoires pour le magazine BD « La Petite Sirène ». En 1997, forte de ses différentes expériences, elle élabore un nouveau magazine avec Alessandro Barbucci : W.I.T.C.H mag. Le succès est tel qu’il est diffusé dans le monde entier. De numéro en numéro, les lecteurs suivent les aventures de Will, Irma, Taranee, Cornelia et Hay Lin, ces sorcières qui maîtrisent les éléments et sont chargées de protéger un monde parallèle, Kandrakar.

De l’amitié, de la magie, des aventures un peu futuristes, la sauce prend facilement chez beaucoup d’adolescentes. Moi comprise. Lorsqu’une ami me prête son W.I.T.C.H mag (pas en 1997 évidemment ^^), je tombe sous le charme et demande à mes parents de m’abonner. Chaque mois, j’attends avec impatience l’arrivée de ce magazine. J’adore l’histoire, les personnages, le style graphique sans même savoir qui en sont les auteurs. C’est bien plus tard que je finis par m’interroger. Je ne suis plus abonnée car j’ai grandi mais j’ai toujours les anciens numéros dans ma chambre. Malgré le temps qui passe, je suis encore attachée à ces jeunes filles énergiques, pleines de défauts et de qualités. Qui sont donc ceux qui ont réussi à me rendre fidèle à ces héroïnes pendant si longtemps ? Curieuse, j’entame des recherches sur Internet et un nom apparaît, ou du moins un nom capte mon attention : Barbara Canepa.

« Sky-Doll », petit bijou de science-fiction

J’apprends à ce moment-là qu’elle a publié une autre bande dessinée, toujours accompagnée d’Alessandro. Le projet se nomme Sky-Doll et les quelques images que je trouve sur le web me donnent envie de le lire. Il y a un côté pop dans les dessins qui attrape l’œil. Des couleurs vives, des personnages qui empruntent les courbes des hommes mais aussi celles des animaux, des décors spectaculaires qui nous entraînent dans un voyage intergalactique. Cela fait peut-être bizarre d’employer ce mot mais je trouve qu’il y a également un effort de « design ». Beaucoup de formes sont présentes dans les vignettes, pourtant, cela ne fait pas surchargé, tout est en équilibre.

SkyDollT3_1600x1200

Concernant l’histoire, c’est la première fois que j’ai affaire à une dystopie. Sur la planète Papathéa, la population vit au rythme d’une religion corrompue. Ludovique, papesse qui dirige l’Eglise, est vénérée comme une déesse mais les miracles qu’elle réalise ne sont qu’artifices. Par jalousie, elle a aussi fait assassinée sa sœur, Agape, la deuxième papesse. Une jalousie liée au titre mais pas seulement : Ludovique est amoureuse du « génie des miracles », qui lui est fou d’Agape.

Dans cet univers, la technologique est très avancée. De nombreux androïdes existent. Ils sont considérés comme des objets et servent à assouvir les besoins des vrais « humains ». Noa, notre sky-doll, doit être remontée toutes les trente-trois heures à l’aide d’une clé, ce qui la rend, comme les autres androïdes, dépendante de son maître. Malgré sa condition mécanique, Noa n’est finalement pas comme les autres. Elle rêve et s’en souvient. Régulièrement, Agape est présente dans ses songes. Pourquoi ? Comment expliquer les apparitions de l’ancienne papesse ?

Un jour, le maître de Noa meurt dans des conditions étranges. L’androïde réussit à prendre la fuite. Mais sa disparition ne plaît pas à tout le monde. Jusqu’à quel point Noa est-elle importante ?

tumblr_my034sDBTA1sgbhubo1_1280

planche bd sky-dollSi on se fie à quelques dessins, on pourrait croire que l’histoire se veut girly. Mais il faut se méfier des apparences, comme le suggère assez bien la narration avec des personnages tels que Ludovique.

Cette science-fiction est un petit bijou. Trois tomes existent pour l’instant. Le quatrième a été publié en noir et blanc en version limitée. Pour ma part, je patiente car je trouve que Sky-Doll est une BD qui vit beaucoup plus à travers la couleur.

« END », entre la vie et la mort

Barbara Canepa travaille également sur un autre projet avec une autre artiste, Anna Merli. Derrière le titre END, ce sont trois jeunes filles qui voient leurs destins se lier. Elisabeth, Nora et Dorothea. Inspiré de l’époque victorienne, l’histoire nous emmène dans un univers plutôt inquiétant. Entre la vie et la mort. Les fantômes existent-ils ? Avec END, c’est une frontière invisible qui s’ouvre, une frontière où des êtres hybrides cherchent des réponses à leurs questions.

Les dessins sont tellement bien travaillés qu’on pourrait presque croire qu’il s’agit d’un dessin animé adapté pour une version papier.

Ceci n’est bien évidemment que mon avis, mais si cet article a quand même éveillé votre curiosité, n’hésitez pas à lire et à regarder le travail de Barbara Canepa.

« Les Crocodiles », une BD sur les femmes et le harcèlement

Demain (vendredi 31 octobre), la bande dessinée Les Crocodiles de Thomas Mathieu sera enfin disponible en librairie. A travers ses planches, l’illustrateur met en image des histoires vraies : celles de femmes victimes de harcèlement, de violence, d’agression sexuelle. 

projetcrocodile

Si Monsieur cumule les relations et passe facilement de fille en fille, c’est simplement parce qu’il veut profiter de la vie. Si Madame fait de même, c’est parce qu’au fond elle est une « p*** ».

Si un garçon siffle une demoiselle dans la rue, c’est tout à fait normal mais si c’est l’inverse, les gens trouvent cela choquant.

Malgré les progrès en matière d’égalité, les stéréotypes continuent à subsister et à influencer notre quotidien. Résultat : les femmes sont régulièrement victimes de harcèlement. La faute à leur allure provocante, à leur mini-jupe et  leurs talons aiguilles ? Gros préjugé ! De petits détails suffisent. Comme la présence de deux chromosomes X.

A sa manière, Thomas Mathieu dénonce alors cette réalité. Dans sa BD Les Crocodiles, les hommes sont des reptiles, des prédateurs qui ne manquent pas d’idées pour arriver à leurs fins. Vous me direz : tous les hommes n’agissent pas comme cela. Oui, je suis d’accord. Mais à travers cette bande-dessinée, l’auteur relate des histoires vraies, vécues par des femmes. Et dans toutes ces histoires vraies, l’homme a agi tel un animal guettant sa proie.

BD crocodile

La BD « Les Crocodiles » – Crédits : Page Facebook de Thomas Mathieu.

*

Avec ce livre, l’auteur propose un très beau projet. Beau par son esthétisme et son originalité, mais également beau par son engagement.

L’info en plus : Avant d’être une bande dessinée, Les Crocodiles est un tumblr. Appelé Projet Crocodiles, il vous permet de retrouver régulièrement le travail que Thomas Mathieu accompli sur ce thème. Vous pouvez également y témoigner afin que l’illustrateur publie votre expérience sous forme de bulles et de reptiles.

Summer List

Que faire pour s’occuper au bord de la mer, après une randonnée ou quand le soleil a décidé de se cacher ? Voici quelques idées. Les pieds en éventail, on s’installe et on profite !

Summer List (1)

Un livre – Quand souffle le vent du nord, Daniel Glattauer
Une BD – Blankets – Manteau de neige, Craig Thompson
Un manga – Monster, Naoki Urasawa
Un film – Maléfique, Robert Stromberg