Un livre qui se dévore

Et soudain tout change. La vie n’est plus un long fleuve tranquille. Il y a de petites aventures à vivre, de grands obstacles à surmonter. Camille, Axel, Léa, Manon, Louis, Léo, ne diront pas le contraire. Surtout pas Camille ! Sa dernière année au lycée a été chargée en péripétie. Les poches remplies de questions, elle a sans cesse joué au yoyo, elle est régulièrement montée dans l’ascenseur aux émotions. Elle aurait bien voulu ne pas ressentir autant, mais c’est ça être une adolescente. L’enfance prend quelques fois le large ; l’adulte qui sommeille sort de plus en plus souvent de sa coquille et s’empare du navire.

et-soudain-tout-changeAvec ce roman, Gilles Legardinier m’a embarquée dans une histoire comme je les aime. Réaliste et sincère. Mature et intelligente. Mais aussi pleine d’humour. Car oui, c’est aussi ça être une adolescente : les rires ne sont jamais bien loin des drames, les sourires succèdent aux larmes. J’ai tourné les pages rapidement, dévoré les lignes. De chapitre en chapitre, j’ai vu, écouté, senti Camille et ses amis croquer la vie malgré ses aléas. J’ai rigolé avec eux. J’ai pleuré avec eux. Je me suis reconnue dans la première, j’ai noué des liens avec les seconds.

Camille est une grande observatrice. Elle est de ce fait la narratrice idéale. Son « je » n’est pas égoïste, elle m’a facilement permis de découvrir son environnement. Alors qu’elle est la voix et la tête du livre, elle laisse sa bande de copains en être la chaire. Il n’y a pas une héroïne, mais des héros. L’amitié a le pouvoir de rassembler et Gilles Legardinier a très bien su le retranscrire en choisissant ce personnage comme porte-parole. Si l’auteur a fait ce choix, c’est également par souci de réalisme. A l’adolescence, on se pose mille et une questions, on doute, on hésite, on se fait peur avec des broutilles. Et Camille est parfaite dans ce rôle. Elle manque cruellement de confiance en elle. Réalisatrice en herbe, elle se crée de nombreux films, elle imagine des relations et des actions qui n’ont jamais eu lieu. Plus haut, j’ai écrit que je m’étais reconnue en Camille. La Terminale est loin derrière moi aujourd’hui, j’ai grandi, pris de l’assurance, mais à l’époque j’étais tout comme elle. Camille, c’est un peu le fantôme de mon passé, la spectatrice que j’étais. Son comportement me parle, ses réactions peuvent d’ailleurs parler à tous ceux qui sont passés par cette période de questionnement.

A plusieurs reprises, l’écrivain profite alors de ces moments de connivence et de remise en question pour aborder des réflexions philosophiques. La mission de chaque être humain sur Terre, l’avenir, le pouvoir relationnel de la machine à café, la mort et le deuil, le divorce… Ces passages sont parfois un peu trop longs, ils coupent le rythme de la narration mais ils ont au moins le mérite d’exister. Une histoire, c’est aussi de l’abstrait, des messages à délivrer, des idées que l’on partage. Et puis, ce n’est pas comme si Gilles Legardinier avait le don de tout alourdir. Sa plume révèle toujours une pointe d’humour, une bonne série de jeux de mots. Grâce à elle, j’ai réfléchi et ri en même temps. Ce n’est pas donné à tout le monde de rendre la philosophie tordante et légère !

Tiens, en parlant de légèreté, il fallait absolument que je mentionne quelque chose, ou plutôt quelqu’un. Il y a des personnages qui vous ressemblent et d’autres qui vous marquent par leur caractère. Dans Et soudain tout change, je me suis retrouvée en Camille et j’ai été charmée par son ami Tibor. Si on prétend que les femmes viennent de Vénus et les hommes de Mars, je ne sais pas exactement d’où vient Tibor, mais surtout pas d’une de ses deux planètes. Et encore moins de la Terre. Il a ce grain de folie qui rend capable de tout. Il a une imagination débordante et beaucoup de culot. Il sait donner au quotidien des allures plus cocasses. Il est ce vent léger qui vient chatouiller votre visage et vous redonne de l’élan. Il est ce héros qui vous donne envie de continuer à tourner les pages. Et je peux vous dire que grâce à lui (et à tous les autres au fond), j’ai tourné, j’ai tourné, j’ai tourné. Et j’ai tout dévoré !

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17 réflexions sur “Un livre qui se dévore

    • Je viens d’apprendre qu’il va en sortir encore un nouveau, pour le mois d’octobre ! J’ai hâte ! J’espère que tu aimeras cet auteur autant que moi 🙂 à chaque fois, j’ai passé une très bonne lecture.

  1. Ooooh il est dans ma PAL!! J’ai lu ses autres livres, et j’ai adoré! J’ai hâte de lire celui-là, tu le vends très bien 😉

  2. Pingback: Se plonger avec légèreté dans « Ça peut pas rater ! » – Entre nous

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